commande

librairies

liens

 


contact


Agenda


Vient de paraître

« Agnès » de Nicolas Vatimbella.

« Variations de Jan » de Philippe Blanchon.

« Qui vive » de Franck Gourdien.


À paraître

« Longjaunes son périple » de Howard Mc Cord.

La Barque dans l'arbre n°2 (revue).

« Il pleut sur le déluge » de Tonino Guerra.


Les Commencements

ISBN :
978-2-917504-30-7
208 pages
Format : 14,5 x 21,5 cm
Prix : 25 euros




 

Carl Rakosi

Amulette

Traduction de l'américain, Philippe Blanchon en compagnie d'Olivier Gallon
Édition bilingue
Suivi d'un entretien avec Carl Rakosi

* * *

Carl Rakosi est né en 1903 à Berlin de parents juifs hongrois. Peu de temps après, son père et sa mère se séparent, il est alors accueilli, avec son frère, chez ses grands-parents maternels, à Baja, en Hongrie. En 1910, il va rejoindre son père aux États-Unis.

Jeune homme, après le lycée où il a commencé à écrire, il fréquente plusieurs universités, devient rédacteur en chef du Wisconsin Literary Magazine, une publication étudiante où paraissent ses premiers poèmes... Pour vivre, il passe d’emploi en emploi (travailleur social, enseignant...), et suit parallèlement avec avidité diverses formations supérieures (langue, psychologie, psychiatrie...). Alors professeur d’anglais au lycée, à Houston, durant l’hiver 1930, il reçoit une lettre de Louis Zukofsky qui s’est décidé à lui écrire sur la recommandation d’Ezra Pound (lequel avait déjà publié quelques-uns de ses poèmes dans son éphémère revue The Exile et espérait, plus que Zukofsky lui-même, un nouveau mouvement poétique). Zukofsky lui propose à son tour de publier dans le prochain numéro du magazine Poetry. Les deux hommes deviennent amis. Puis, Rakosi participe aux deux anthologies objectivistes, sans manquer toutefois d’insister sur la singularité de chacun des protagonistes... Auparavant, en 1925, il avait changé de nom, Carl Rakosi (un soi privé associé à l’écriture) devenant légalement Callman Rawley (l’homme social et professionnel) — changement de nom pour des raisons par trop facilement décelables : antisémitisme, préjugés, souhait de ne pas vouloir que son autre identité soit connue de ses associés... Ne pouvant plus mener de front sa carrière professionnelle dans le social (particulièrement préoccupé par les migrants et les enfants) et son travail d’écriture, il cesse d’écrire avec la parution de ses Selected Poems en 1941.

Il faudra attendre 1965 pour qu’il se remette à écrire, et 1967 pour voir paraître un nouveau livre aux éditions New Directions : Amulet. Callman Rawley laisse à ce moment-là définitivement place à Carl Rakosi !

C’est la réception d’une lettre d’un jeune poète anglais, Andrew Crozier, s’interrogeant sur l’existence ou non d’autres poèmes, après avoir copié tous ceux qu’il avait trouvés et en avoir dressé la bibliographie, qui redonne sens à son travail poétique et incite Carl Rakosi à reprendre l’écriture — « quelque chose de grand venait de se passer »... Les livres vont ensuite se succéder jusqu’en 1999.

Tout autant rétrospection que tournant vers l’œuvre à venir, Amulette articule ses derniers poèmes (le premier écrit dans ce renouveau fut « Au lit, un matin d’été ») avec des poèmes antérieurs (tel que « La ville (1925) ») — dont il retravaille certains.

Y sont salués L. Zukofsky et W. Stevens, s’y trouvent ses premiers « Americana » (série s’échelonnant dans des livres suivants, tout autant regard rétrospectif sur l’histoire des États-Unis que regard acéré sur son actualité), et le seul poème qu’il disait pouvoir être considéré comme véritablement objectiviste : « Le homard ».

Ses poèmes sont autant d’incises dans le réel — des compositions des plus simples aux plus complexes, traitant de l’intime et de l’histoire.

Témoin et acteur majeur du siècle poétique américain, poète d’une absolue singularité, Carl Rakosi meurt en 2004 à 100 ans. « Ce qui est important, disait-il, est que soit préservée l’intégrité du sujet aussi bien que de l’objet. »

Amulette est son premier livre à paraître en français.